Tema 1

 Qu’est-ce que le verbe ? Définition de la catégorie verbale.

 

Objetivos:

 

  • Aprender a reflexionar sobre los criterios lógico-semánticos, distribucionales y morfológicos que permiten definir la categoría verbal.
  • Saber comprobar la validez de dichos criterios.

 

CONTENIDO

  • Criterios lógico-semánticos, distribucionales y morfológicos que permiten definir la categoría verbal.
  • Comprobar la validez de dichos criterios.
  • Proponer unos criterios definitorios de la categoría verbal.
  • Ejercicios prácticos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sujet nº1 :

  Définition de la catégorie verbale

 

1)      Critères logico-sémantiques

2)      Critères formels

2.1) Critères distributionnels

2.2) Critères morphologiques

 

 

 

 

Introduction

 

a)      à Intérêt et importance du verbe : entre autres, le verbe distribue les fonctions principales au sein de la phrase (notamment : la fonction sujet et la fonction objet/attribut).

 

 

Le nœud verbal, que l’on trouve au centre de la plupart de nos langues européennes, exprime tout un petit drame. Comme un drame en effet, il comporte obligatoirement un procès, et le plus souvent des acteurs et des circonstances.

 

Transposés du plan de la réalité dramatique sur celui de la syntaxe structurale, le procès, les acteurs et les circonstances deviennent respectivement le verbe, les actants et les circonstants.

 

Le verbe exprime le procès. Ainsi dans la phrase Alfred frappe Bernard, le procès est exprimé par le verbe frappe.

 

Les actants sont toujours des substantifs ou des équivalents de substantifs. Inversement les substantifs assument en principe toujours dans la phrase la fonction d’actants.

 

Les circonstants expriment les circonstances de lieu, manière, etc… dans lesquelles se déroule le procès. Ainsi dans la phrase Alfred fourre son nez partout, il y a un circonstants de lieu (partout).

 

Tesnière, L.

 

 

 

F Connaître le verbe c’est, en quelque sorte, maîtriser la syntaxe.

 

b)      à L’identification de la catégorie verbale ne pose généralement aucun problème. C’est d’ailleurs un type d’exercices faciles que l’on peut proposer à des élèves du collège, et, généralement ils s’en sortent bien.

 

 

Æ Pourquoi ? > Cette identification se base sur une reconnaissance intuitive : certaines  unités lexicales sont immédiatement reconnues comme étant des verbes.

 

Æ Problème > Si on demande à ces élèves de justifier cette identification, ils ne sauront pas le faire.

 

F C’est là, toute la différence entre un locuteur natif de base et un linguiste : Le linguiste doit systématiquement justifier ses analyses.

 

b1) Cette affirmation a trait à l’une des prétentions fondatrices de la linguistique qui, à la différence, par exemple, de la grammaire, se veut une discipline scientifique.

      Cela veut dire notamment qu’elle ne se fie pas à l’intuition, à la subjectivité de celui qui décrit, mais donne des définitions claires, en se fondant sur des tests et, plus généralement, sur des outils objectifs clairement délimités.

 

b2) L’identification objective de la catégorie verbale n’a pas seulement une utilité théorique, mais également des visées pratiques :

 

ÆEn effet :

 

  • Comment, par exemple, permettre à un étranger de reconnaître le verbe français, surtout si l’étranger en question parle une langue où le verbe a des caractéristiques totalement différentes de celles du français ?

 

Si nous n’avons pas avancé des critères d’identification objectifs, nous n’avons aucune chance de le lui expliquer, parce qu’il n’a pas, lui, accès à cette intuition que nous avons de notre langue maternelle.

 

  • On peut évoquer également les recherches, qui visent l’implémentation (i.e. conception et réalisation de programmes compréhensibles par la machine).

 

 

Or, une machine n’a aucune intuition de quoi que ce soit, et il faut bien lui expliquer comment reconnaître un verbe.

 

 

Je crois que cela suffit à justifier la démarche que nous allons entamer ensemble, à savoir :

 

QUELS SONT LES CRITÈRES DÉFINITOIRES DU VERBES ?

 

Ce sera l’objet de ce cours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.1)         De l’inadéquation des critères logico-sémantiques

 

a)                à D’un point de vue sémantique, la tradition grammaticale oppose le verbe au nom en se fondant sur le découpage du réel :

 

  • les substances statiques sont dénotées par les noms ou substantifs, alors que
  • les phénomènes (dynamiques) sont signifiés par les verbes

 

 

« Les noms désignent ce qui demeure et les verbes ce qui passe » Grammaire générale et raisonnée, Arnauld et Lancelot (1660).

 

à Ce découpage est présent dans :

 

  • la plupart des grammaires traditionnelles,
  • pas mal de grammaires scolaires,
  • certains travaux linguistiques

 

 

F vous aurez par exemple noté qu'on associe souvent, dans le cadre de cette définition, le verbe à la notion d'action. Quelquefois, on se veut un peu plus subtil, et on parle par exemple de procès, qui sous-entend processus, dynamique, temporalité, etc., par opposition aux substances statiques.

 

Æ       Que penser de cette définition qui associe le verbe à la notion d'action ?

 

            En fait, ce type de définition, même s'il se vérifie dans pas mal de cas, ne permet pas de délimiter strictement la catégorie verbale.

 

            En effet :

  • d'une part, la notion d'action n'est pas propre au verbe :

 

à il y a des noms comme construction, départ, arrivée, etc., qui signifient - ou qui peuvent signifier - des actions DONC la notion d'action ne peut pas être considérée comme une propriété exclusive du verbe, et DONC ne peut pas être un critère définitoire.

 

  • d'autre part, il y a un certain nombre de verbes qui n'expriment aucune action :

 

à ce sont notamment ce qu'on appelle les verbes d'état, comme être, paraître, demeurer, etc.

 

Ä Beaucoup de grammairiens ont eu alors l'idée d'intégrer cette classe de verbes, en élargissant la définition de départ, et en disant quelque chose comme "le verbe est la classe de mots qui expriment soit une action soit un état".

 

Malheureusement,

 

Cette définition ne marche pas beaucoup mieux, puisque l'expression d'un état n'est pas non plus une propriété exclusive des verbes :

 

à Beaucoup d'adjectifs expriment eux aussi l'état, comme calme, propre, etc.

 

 

En résumé : on peut dire que ce critère sémantique n'est ni exclusif (propre au verbe), ni général (ne concerne pas tous les verbes). Il ne peut en aucun cas être considéré comme un critère définitoire de la classe verbale.

 

 

 

b) à Il existe une autre classe de définitions logico-sémantiques, qui associent le verbe au prédicat : le verbe est la catégorie qui peut servir de prédicat.

 

            Là aussi, même si cette définition semble fonctionner un peu mieux que la précédente, les réserves que l'on peut émettre sont comparables à celles que l'on vient d’émettre :

  • d'une part, beaucoup d'autres catégories peuvent servir de prédicat (par exemple, dans le cas des phrases dites non-verbales comme dans Excellent, ce vin ! ; mais aussi dans beaucoup d'autres langues comme l'arabe),

 

  • de l'autre, tous les verbes ne correspondent pas forcément à des prédicats : dans les phrases avec des verbes dits à copule (grosso modo les verbes d'états), ce sont les attributs qui sont les véritables prédicats...

 

On se rend compte que les critères sémantiques ne sont pas suffisants pour définir la catégorie verbale. Il faut donc recourir à des critères formels. Ces critères formels sont, principalement, de deux types :

 

            - Critères morphologiques : [± variation formelle] et [types de variation formelle]

            - Critères distributionnels : globalement, l'environnement de l'élément étudié : ce qu'il y a avant, après, et à la place de X.

 

            C'est par ces derniers critères que l'on va commencer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.2)         Critères formels

 

1.2.1. Critères distributionnels

 

à        D'un point de vue distributionnel, il n’est pas possible de développer un environnement-type pour le verbe. L’environnement verbal en français est en effet tellement divers, qu’il n’est pas possible d’identifier le verbe en observant simplement sa distribution.

 

            Il y a toutefois un certain nombre d'éléments qui peuvent servir d'indices à l'identification distributionnelle de la catégorie verbale :

 

  • Par exemple, en français, seuls les verbes, peuvent être affectés d'une négation avec ne.

 

Ex. : Si je vous demande de justifier distributionnellement votre identification du verbe dans une phrase de type : Je ne partirai pas, vous pourrez tout à fait me dire que partir est un verbe puisqu'il est entouré des deux particules de la négation (ne... pas), qu'on ne peut trouver en français qu'avec des verbes.

 

  • Autre exemple d'indice distributionnel que l'on peut utiliser dans l'identification de la catégorie verbale : seuls les verbes peuvent être précédés par un clitique sujet ou objet[1].

 

 

à        En fait, ce qui nous empêche d'avancer des généralités distributionnelles opérationnelles concernant le verbe, c'est que le verbe peut être soit conjugué (fini) soit non-conjugué (non-fini, c'est-à-dire soit à l'infinitif soit au participe) :

 

  • Quand il n'est pas conjugué, un verbe peut être précédé par beaucoup de choses : difficile dans ces conditions de dessiner un portrait général de son environnement.

 

  • Mais quand il est conjugué, à part dans les cas de l'impératif, on sait qu'il y a forcément un sujet. Qu'est-ce qui nous empêche alors de dire que le verbe est un mot qui est précédé par un sujet ?

 

Ä        D'abord, "précédé" ne serait pas vraiment le mot juste, puisqu'il y a beaucoup de cas d'inversion du sujet :

Ex. : dans une phrase de type Que fait Pierre ?, le verbe n'est pas précédé, mais suivi par un sujet.

 

Ä        Mais même en faisant abstraction de ces cas, il y a quelque chose qui nous empêche d'avancer une généralité de type "c'est un verbe parce qu'il est précédé par un sujet". Tout simplement, parce que, entre le sujet et le verbe, il peut y avoir beaucoup d'autres éléments, comme par exemple dans des phrases de type :

 

            Ce garçon, dont je t'ai parlé la dernière fois, comme d'habitude, était absent.

           

Mais regardons maintenant les données d'un peu plus près. Essayez de remplacer le SN ce garçon par un pronom personnel dans la même phrase. Que peut-on constater ? Eh bien tout simplement, la phrase devient agrammaticale :

 

                        * Il, dont je t'ai parlé la dernière fois, comme d'habitude, était absent.

 

Et même en supprimant soit la relative soit le circonstanciel, la phrase reste toujours agrammaticale. La seule solution qui nous reste si on veut garder à la place du SN sujet le pronom personnel, c'est de supprimer tout ce qu'il y a entre ce pronom et le verbe :

 

                        Il était absent.

 

         Cela signifie quoi ?

 

à Eh bien tout simplement que les clitiques (sujets ou objets) ne supportent pas d’être séparés du verbe : ils sont systématiquement dans l'environnement immédiat du verbe (soit avant, soit après).

 

            C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils sont considérés comme des clitiques, c'est-à-dire en fait des pronoms atones, non toniques, ou encore non-accentués. Ces éléments ont d’un point de vue prosodique besoin de s'appuyer sur un autre élément : pour les pronoms personnels atones (je, tu, il, le, etc., par opposition aux pronoms toniques : moi, toi, lui, etc.), l'élément sur lequel ils s'appuient n'est autre que le verbe : et c'est justement pour cette raison que les clitiques ne supportent pas d’être séparés du verbe.

           

A partir de là, on fait donc la généralisation suivante :

 

à Si une unité lexicale est précédée immédiatement par un clitique, elle est de catégorie verbale. En fait, pour être tout à fait précis, un clitique ne peut être séparé du verbe que par un autre clitique :

 

Ordre canonique en français :

 

 

Clitique sujet + (clitique négatif) + Clitique objet (D/I) + verbe

 

 

 

1.2.2. Critères morphologiques

 

à        Toutes les grammaires vous le diront : le verbe se reconnaît d'abord par ses variations de forme. Il s'agit en effet d'un mot variable, qui se conjugue, c'est-à-dire qui est affecté par plusieurs catégories grammaticales marquées morphologiquement.

 

à Le verbe français se présente donc comme un mot constitué d'une part d'un radical - ou une base - et, d'autre part, d'un certain nombre de marques spécifiques, appelées désinences. Dans notre perspective, il s’agit des morphèmes de Mode, de Temps, de Personne, d’Aspect et de Voix passive.

 

Dans notre perspective, ces morphèmes sont soit des constituants obligatoires soit des constituants facultatifs de l’auxiliaire verbal, selon la règle de réécriture suivante :

 

SV à Aux. V. + GV

GV à (neg1) + base verbale + (neg2) + (SN ou S. Adj) + (S. Adv) + (SP)

Aux. V. à M. Mode1 + M. Temps1 + M. Personne + (M. Aspect 1) + (M. Temps2) + (M. Mode2) + (M. Temps3) + (M. Aspect2) + (M. Voix Passive).

 

 

            Le verbe français se présente donc sous la forme globale suivante :

 

           

Base + Désinences (marques morphologiques de différentes catégories)

 

 

 

1) Le Morphème de mode :

 

 

            Petite Parenthèse :

 

Notre conception du mode s’éloigne de la perspective habituelle qui divise le mode en modes personnels et modes impersonnels selon qu’ils comportent ou non la catégorie de la personne. Pour l’heure, il nous suffira de dire que le mode correspond à l’attitude du locuteur à l’égard de son énoncé. A travers l’activité linguistique le locuteur représente son propre savoir quant à l’existence ou non du référent de son énoncé, du procès.

 

  Les modes verbaux que nous avons établis sont exprimés, en phrases simples ou en propositions principales, par une série de formes verbales qui correspondent aux modes traditionnels de l'indicatif et du conditionnel. Ces modes verbaux sont des "modes nucléaires", c'est à dire, des modes qui apparaissent dans la structure profonde avant qu'elle ne subisse les transformations de modalité ou les transformations généralisées de subordination; c'est pour cette raison que nous n'avons pas fait allusion aux autres formes de la grammaire descriptive traditionnelle (impératif, subjonctif, infinitif, participes et gérondif). Ces formes peuvent apparaître directement dans la structure profonde sans valeur modale, ou bien elles peuvent être le résultat de différents types de transformations. Ce sont, dans ce cas, des  formes qui servent à exprimer les modes verbaux que nous venons de présenter. Nous allons exposer de quelle manière ils s'intègrent dans notre schéma.

 

            Pour produire un énoncé impératif il faut avoir en structure profonde la modalité impérative et un noyau qui présente dans son constituant auxiliaire verbal le mode réalisable. Le mode "impératif" qui apparaît dans l'énoncé est le résultat d'une transformation de modalité, qui consiste à ajouter le sème [+ ORDRE] au sème modal nucléaire [+REALISABLE]. La forme "impérative" du verbe n'est pas le seul résultat possible de cette transformation puisque nous pouvons obtenir aussi le futur simple ou l'infinitif :

 

Ex. :

  • Prenez (vous prendrez) (prendre) trois pastilles avant chaque repas.

 

            Le participe passé, quant à lui, n'apparaît directement en structure profonde que dans les temps composés et surcomposés et dans la forme passive, qui est le résultat de la transformation de modalité passive. Dans aucun de ces cas il n'exprime la modalisation. Il peut apparaître aussi comme le résultat d'une transformation d'une proposition subordonnée temporelle; dans ce cas il exprime le mode verbal de la structure enchâssée:

 

Ex. :

  • conjugué avec être, le participe passé s'accorde avec le sujet.

 

            Ce serait la transformation de "lorsqu'il est con­jugué"; le participe passé exprime donc  ici le mode réel.

 

             Le participe présent, pour sa part, n'apparaît directement en structure profonde que dans la construction périphrastique aspectuelle (rare en français) aller + participe présent (ex.: le mal va augmentant / el mal va aumentando) qui exprime l'aspect progressif. Le participe présent, dans cette construction, n'exprime pas le mode verbal qui est porté par le semi-auxiliaire. Il peut apparaître aussi comme le résultat d'une transformation d'une proposition relative; dans ce cas il exprime le mode verbal de la structure enchâssée.

 

Ex. :

  • Il lui a opposé un argument entraînant la conviction.

            Ce serait la transformation de"un argument qui entraîne"; le participe présent exprime donc  ici le mode réel.

 

            Le gérondif n'apparaît pas directement en structure profonde; il est toujours le résultat de la transformation d'une subordonnée ou d'un complément de temps, cause etc..

 

Ex. :

  • En débarquant, je l'avais remarqué (temps).

 

  • C'est en forgeant qu'on devient forgeron / Machacando machacando, el hierro va afinando (Haciendo y deshaciendo se va aprendiendo) (cause)

 

            Dans ces exemples il équivaut à "quant j'avais débarqué" et à "parce qu'on forge"et exprime le mode ver­bal des structures enchâssées.

 

            Quant à l'infinitif, il n'apparaît directement en structure profonde que dans les constructions périphrastiques, qu'elles soient temporelles (il va partir), modales (il doit neiger en ce moment / impossible) ou aspectuelles (il commence à pleuvoir), sans exprimer la modalisation; dans tous ces cas, le morphème d'infinitif ne sert qu'à actualiser la base lexicale dont les marques de mode, temps, personne et aspect sont portées par le semi auxiliaire.

            A part ces cas, nous trouvons l'infinitif comme résultat de plusieurs types de transformation, dont nous ne parlerons pas ici, faute de temps; dans tous les cas il exprime le mode nucléaire du verbe transformé.

           

            Le subjonctif est toujours le résultat d'une transformation; c'est la forme qui exprime différents modes verbaux dans les subordonnées. Un énoncé comme "je veux qu'il parte / quiero que se vaya" est généré à partir de deux structures profondes dont la deuxième a un mode verbal réalisable. Le subjonctif  peut apparaître aussi  après des verbes du type craindre, douter etc..; ces verbes associés à la forme subjonctive du verbe de l'énoncé sont les marques formelles du mode hypothétique  ex.: "je doute qu'il ait écrit hier / dudo que haya escrito ayer" "qu'il écrive en ce moment / que esté escribiendo ahora". Dans les subordonnées substantives à fonction sujet, par exemple, le subjonctif, résultat aussi d'une transformation, peut exprimer n'importe quel mode. Les emplois et les valeurs du subjonctif sont suffisamment complexes pour faire l'objet d'un prochain travail de recherche.

 

 

GUILLAUME :

 

Les linguistes qui suivent les théories de Gustave Guillaume font correspondre les modes, en fonction de leurs marques personnelles et temporelles, à trois stades d’actualisation du procès (du virtuel au réel) : le stade quasi-virtuel (infinitif et participe), le stade intermédiaire (subjonctif) et le stade de l’actualisation (indicatif).

 

 

 

2) Le morphème de temps

 

La marque temporelle permet - disons d'une manière approximative - de situer le procès verbal sur l'axe du temps chronologique.

 

            Quelles sont les marques temporelles du français ?

 

            D'un point de vue morphologique, il serait très difficile de les présenter d'une manière générale. Pour simplifier, je prendrai ici le cas d'un verbe comme marcher. Ce verbe a les marques temporelles suivantes (à la troisième personne du singulier, puisque ces marques seront présentées ici d'une manière syncrétique) :

 

 

 

                                               Ø                     marque du présent (e euphonique)

                                               -(e)r-               marque du futur        

Radical (march-) +                 -a                    marque du PS            

                                               -ait                  marque de l'imparfait

                                               -(e)rait             marque du conditionnel

 

            Les marques temporelles ne sont pas non plus valides partout. Regardons dans quel cas on peut rencontrer ces marques.

 

            Peut-on avoir ces marques à l'infinitif ? La réponse est clairement négative. L'infinitif est donc un mode à la fois non-temporel et, nous l'avions vu, non-personnel.

 

            Idem pour le participe : l'opposition entre ce qu'on appelle improprement "participe passé" et "participe présent" est en réalité une opposition aspectuelle : Marchant vs Ayant marché est une opposition aspectuelle entre le non-accompli et l'accompli, opposition sur laquelle on reviendra plus tard.

 

            La même chose peut être dite à propos de l'impératif : finissez vs ayez fini votre travail avant midi est une opposition aspectuelle, et non temporelle : il n'y a pas ici une marque du passé, une marque du futur ou du présent.

           

La question plus délicate se pose maintenant à propos du subjonctif. Cette marque de subordination connaît-elle une variation temporelle ? Il est clair qu'il connaissait une variation temporelle, puisqu'on opposait en français - disons classique - le présent du subjonctif (et son correspondant aspectuel composé, qu'on appelle improprement subjonctif passé : qu'il vienne / qu'il soit venu ; qu’il marche / qu’il ait marché) à l'imparfait du subjonctif (et son correspondant aspectuel composé, qu'on appelle tout aussi improprement le plus-que-parfait du subjonctif : qu'il vînt vs qu'il fût venu – que je fusse venu / qu'il marchât - que je marchasse vs qu'il eût marché - que j'eusse marché)).

 

 

3) Le morphème de personne

 

La marque de la personne qui peut affecter le verbe, lui provient de son sujet, en vertu de la règle d'accord entre le sujet et le verbe.

 

            En français, la grammaire traditionnelle nous parle de trois personnes : la 1ère (je), la 2e (tu), et la 3e (il).

            Certains verbes, mais cette fois-ci en tant qu'unités lexicales, ne connaissent pas non plus la catégorie de la personne : il s'agit de la classe des verbes impersonnels (comme il faut, il pleut), qui ne connaissent aucune variation formelle en rapport avec la catégorie de la personne, et se présentent donc systématiquement à la 3e personne du singulier, ce qu'on appelle quelquefois la non-personne. Ici, cette 3e personne, qui est en l'occurrence la seule possible, ne se présente donc pas comme un élément de la classe paradigmatique de la personne (les deux premières personnes étant impossibles) : il s'agit donc d'un élément phonologique imposé pour des raisons strictement syntaxiques. Autrement dit, le il en question est ici une simple marque syntaxique (puisqu'on ne peut pas dire en français *pleut, *faut, etc.), dépourvue de toute référence (le il en question est non-référentiel, ne désigne personne).

            En plus de ces verbes impersonnels, on doit également signaler les emplois impersonnels possibles avec certains verbes : un verbe comme venir est susceptible d'un emploi impersonnel comme dans Il est venu deux personnes, mais il ne s'agit pas d'un verbe impersonnel puisqu'il est également susceptible d'un emploi personnel comme dans Il vient, nous venons, etc.

           

Donc, en résumé, on dira que dans les modes personnels, le verbe français varie systématiquement en personne (à l'exception des verbes impersonnels et des verbes en emploi impersonnel).

 

 

 

4) Le morphème aspectuel

 

Ormis l’aspect lexical qui dépend du sémantème verbal, la catégorie de l’aspect peut être exprimée par des morphèmes différents : soit des périphrases verbales, des adverbes ou équivalents, ou la variation des formes des tiroirs verbaux (formes simples / formes composées).

 

 

5) Le morphème de voix passive

 

 Je ne terminerai pas cette partie sans dire un mot à propos de la voix, qui est l'une des catégories qui affectent exclusivement la classe verbale. En français, il existe pour les verbes transitifs deux voix : la voix active et la voix passive. A la voix active le sujet correspond généralement à l'agent, à la voix passive, le sujet correspond généralement au patient, celui qui a subi le procès en question. Mais attention, tous les verbes transitifs ne donnent pas nécessairement naissance à la forme passive : avoir, pouvoir, posséder, comporter, coûter, etc.

 

            En syntaxe, la voix n'est pas considérée comme une catégorie grammaticale, au même titre que le temps, le mode, etc., mais plutôt comme un phénomène syntaxique qui est loin d'affecter le seul verbe, mais plutôt la phrase dans son ensemble. C'est notamment le cas dans les grammaires transformationnelles où la passivation est considérée comme une opération syntaxique (une transformation) qui modifie la structure de la phrase active en son correspondant passif, selon le schéma global suivant :

 

           

SN1 + V + SN2  Þ SN2 + AUX être + P. Passif + par /de SN1 (complément d'agent, facultatif)

 

 

 

            En plus de la voix active et passive, on rencontre en français la voix pronominale. Les verbes sont considérés comme pronominaux dès lors qu'ils remplissent les deux conditions suivantes :

 

  • Ils se construisent avec un pronom personnel conjoint (direct ou indirect) réfléchi (c'est-à-dire co-référentiel au sujet) : ce pronom n'a pas de forme spécifique, sauf à la troisième personne où la forme réfléchie se / soi s'oppose aux formes non-réfléchies le / la / les et lui / leur. D'où le redoublement caractéristique du pronom sujet dans la conjugaison pronominale : je me ; tu te ; il se ; nous nous ; vous vous + verbe.

 

 

  • Les verbes pronominaux forment leurs temps composés à l'aide de l'auxiliaire être (Il s'est lavé vs Il l'a lavé).

 

            On doit distinguer entre les verbes pronominaux et les verbes en construction (ou en emploi) pronominale : les premiers, enregistrés comme tels dans le lexique, sont globalement les verbes dont la construction pronominale est la seule possible (s'enfuir, se recueillir, etc.) par opposition aux autres dont l'emploi pronominal n'est que l'un de leurs emplois possibles (s'admirer, se réveiller, s'affronter, etc.).

           

 

 

Conclusion :

 

Définitions :

 

Le verbe est un mot qui se conjugue, c’est-à-dire qui varie en mode, en temps, en voix, en personne et en nombre. (Au participe, il varie parfois en genre.) – Le verbe est susceptible de servir de prédicat, - ou de faire partie du prédicat lorsqu’il y a un attribut du sujet, le verbe s’appelant alors copule. (Le bon usage, 1988 : p. 1159).

 

 

· Le Verbe

            Ø Critères morphologiques

            Les verbes sont variables en nombre, personne, temps, Aspect et voix. Pour le mode, on dira que le verbe ne varie pas en mode, mais qu’il appartient nécessairement à un mode (à l’image de ce qu’on a dit à propos du nom qui ne varie pas en genre, mais appartient à un genre).

 

            Ø Critères distributionnels

            L’environnement du verbe est tellement divers, qu’il n’est pas possible d’en dessiner les contours avec précision. Il y a toutefois une série d’environnements typiquement verbaux. Je parlerai ici de deux cas :

-          la négation avec ne… pas ;

-          la présence d’un clitique (sujet ou objet).

 

            Ø Critères fonctionnels

            Le verbe constitue le noyau de la phrase : c'est lui qui distribue les fonctions syntaxiques essentielles dans la phrase  : sujet et compléments.

 

 

 

 

Exercice 1

 

 

1.   Identifiez dans le texte suivant les différentes formes verbales en justifiant, pour chaque cas, votre réponse par des critères formels.

 

2.   Dans un tableau, indiquez pour chaque forme verbale identifiée les catégories Mode, Temps et Aspect (dans l’ordre, et en suivant la succession des verbes dans le texte).

 

            J'ai pu observer la caravane qui chemine à travers le désert. Elle et le désert parlent le même langage, et c'est la raison pour laquelle il permet qu'elle le traverse. Il ne cesse d'éprouver chacun de ses pas, pour vérifier si elle est en parfaite syntonie avec lui ; et, si c'est bien le cas, elle arrivera jusqu'à l'oasis. Mais si l'un de nous, en dépit de tout le courage qu'il pourrait avoir, ne comprenait pas ce langage, alors il mourrait dès le premier jour. [...] C'est la magie des signes. J'ai vu comment nos guides lisent les signes du désert et comment l'âme de la caravane dialogue avec l'âme du désert.

Paulo Coelho, L'Alchimiste, éditions Anne Carrière, 1994.

 

Correction

1. Identification des FV + critères

-1- ai pu : FV car morphologiquement variable en temps (avais pu), en aspect (peux), en personne-nombre (tu as pu...). D'un point de vue distributionnel, il s'agit d'un verbe parce qu'il est précédé du clitique sujet je.

 

-2- observer : FV car morphologiquement variable en aspect (j'ai pu avoir observé), même s'il n'y a aucune variation en temps et en personne-nombre : c'est normal, l'infinitif n'est ni un mode personnel, ni un mode temporel.

 

-3-  chemine : FV car morphologiquement variable en temps (cheminait), en aspect (a cheminé), en personne-nombre (qui chemines, cheminent).

 

-4- parlent : FV car morphologiquement variable en temps (parlaient), en aspect (ont parlé), et en personne-nombre (il parle, tu parles). Attention : pas de critères distributionnels ici.

 

-5- c'est : FV car morphologiquement variable en temps (c'était), en aspect (ça a été), et en personne-nombre (ce sont ; tu es).

 

-6- permet : FV car morphologiquement variable en temps (permettait), en aspect (a permis), et en personne-nombre (tu permets, ils permettent). D'un point de vue distributionnel, on note la présence du clitique il.

 

-7- traverse : FV car morphologiquement variable en aspect (ait traversé), et en personne-nombre (que tu aies traversé). Distributionnellement, on note la présence des deux clitiques juste avant le verbe : elle le.

 

-8- cesse : FV car morphologiquement variable en temps (cessa), en aspect (a cessé), et en personne-nombre (ils cessent). Distributionnellement, on note la présence du clitique négatif ne juste avant le verbe.

 

-9- éprouver : FV car morphologiquement variable en aspect (avoir éprouvé). Quand vous serez un peu plus experts, on pourra vous dire qu'il y a également ici un argument distributionnel : de est un complémenteur et non une préposition...

 

-10- vérifier : FV car morphologiquement variable en aspect (avoir vérifié) : même si on note la présence d'une certaine résistance, due au contexte sémantique.

 

-11- est : FV car morphologiquement variable en temps (était), en aspect (a été), et en personne-nombre (tu es). Distributionnellement, on note la présence du clitique elle.

 

-12- c'est : FV car morphologiquement variable en temps (c'était), en aspect (ça a été), et en personne-nombre (ce sont ; tu es).

 

-13- arrivera : FV car morphologiquement variable en temps (arrive), en aspect (sera arrivée), et en personne-nombre (tu arriveras). Distributionnellement, on note la présence du clitique elle.

 

-14- pourrait avoir : attention : ici la vraie FV n'est pas pouvoir, mais avoir. Les deux formes constituent donc une seule et même unité qui fonctionne en bloc (pouvoir ne peut en l'occurrence être remplacé que par devoir, autre auxiliaire modal). Comme argument, on peut avancer ici le fait que les deux mots peuvent être remplacés par une seule FV (a). Donc, la suite pourrait avoir constitue bien une FV, car elle est morphologiquement variable en temps (pouvait avoir), en aspect (aurait pu avoir), et en personne-nombre. Distributionnellement, on note la présence du clitique il.

 

-15- comprenait : FV car morphologiquement variable en temps (comprend), en aspect (avait compris), et en personne-nombre (comprenions). Distributionnellement, c'est une FV car il y a le clitique négatif ne.

 

-16- mourrait : FV car morphologiquement variable en temps (meurt), en aspect (serait mort), et en personne-nombre (nous mourrions). Distributionnellement, on note la présence du clitique sujet il.

 

-17- C'est : FV car morphologiquement variable en temps (c'était), en aspect (ça a été), et en personne-nombre (je suis ; ce sont).

 

-18- ai vu : FV car morphologiquement variable en temps (avais vu), en aspect (vois), et en personne-nombre (tu as vu). Distributionnellement, on note la présence du clitique je.

 

-19- lisent : FV car morphologiquement variable en temps (lisaient), en aspect (ont lu), et en personne-nombre (vous lisez).

 

-20- dialogue : FV car morphologiquement variable en temps (dialoguait), en aspect (a dialogué), et en personne-nombre (tu dialogues)..

 

 

 

 

  1. Mode, Temps, et Aspect.                      

                                  

                        FV                              Mode              Aspect            Temps

            -1-       ai pu                            IND                ACC               PC

            -2-       observer                      INF                 INAC             Æ        

            -3-       chemine                      IND                INAC             PR

            -4-       parlent                         IND                INAC             PR

            -5-       c'est                            IND                INAC             PR

            -6-       permet                         IND                INAC             PR

            -7-       traverse                       SUB                INAC             Æ

            -8-       cesse                           IND                INAC             PR

            -9-       éprouver                     INF                 INAC             Æ

            -10-     vérifier                         INF                 INAC             Æ

            -11-     est                               IND                INAC             PR

            -12-     c'est                            IND                INAC             PR

            -13-     arrivera                       IND                INAC             FUR

            -14-     pourrait avoir              IND                INAC             COND

            -15-     comprenait                  IND                INAC             IMP

            -16-     mourrait                      IND                INAC             COND

            -17-     C'est                           IND                INAC             PR

            -18-     ai vu                            IND                ACC               PC

            -19-     lisent                           IND                INAC             PR

            -20-     dialogue                      IND                INAC             PR

 

 

Exercice 2

1.   Identifiez dans le texte suivant les différentes formes verbales en justifiant, pour chaque cas, votre réponse par des critères formels.

 

2.   Dans un tableau, indiquez pour chaque forme verbale identifiée les catégories Mode, Temps et Aspect (dans l’ordre, et en suivant la succession des verbes dans le texte).

 

Peut-être tenons-nous ici une différence irréductible entre la peinture et le discours : la peinture est pleine ; la voix, au contraire, met dans le corps une distance, un creux ; toute voix est blanche, ne parvient à se colorer que par des artifices pitoyables. Il faut donc prendre à la lettre cette déclaration de Réquichot décrivant son travail, non comme un acte érotique (ce qui serait banal) mais comme un mouvement érectile et ce qui s'ensuit : « Je parle de ce rythme simple qui fait que pour moi une toile débutait lentement puis se faisait progressivement plus attachante et par un crescendo passionnant, me conduisait à l'effervescence de l'ordre de la jouissance. A ce sommet, la peinture m'abandonnait, à moins que ce ne fût moi-même, aux confins de mon pouvoir, qui lâchais prise. Si je savais alors ma peinture achevée, mon besoin de peindre ne l'était pas et ce paroxysme était suivi d'une grande déception. » L’œuvre de Réquichot est cette débandade du corps (qu'il appelle parfois, du mot même dont certains désignent la pulsion : la dérive).

Roland Barthes, L'obvie et l'obtus, Seuil, 1982 : 193.

 

Correction

- Question 2.

- tenons : Indicatif - Présent - Inaccompli – 1ère personne pluriel

- est : Indicatif - Présent - Inaccompli – 3e personne singulier

- met : Indicatif - Présent - Inaccompli - 3e personne singulier

- est : Indicatif - Présent - Inaccompli - 3e personne singulier

- parvient : Indicatif - Présent - Inaccompli - 3e personne singulier

- colorer : Infinitif - Inaccompli

- faut : Indicatif - Présent - Inaccompli - 3e personne singulier (impersonnel)

- prendre : Infinitif - Inaccompli

- décrivant : Participe - Inaccompli

- serait : Indicatif - Conditionnel - Inaccompli - 3e personne du singulier

- s'ensuit : Indicatif - Présent - Inaccompli - 3e personne singulier [verbe pronominal]

- parle : Indicatif - Présent - Inaccompli – 1ère personne singulier

- fait : Indicatif - Présent - Inaccompli - 3e personne singulier

- débutait : Indicatif - Imparfait - Inaccompli - 3e  personne singulier

- se faisait : Indicatif - Imparfait - Inaccompli - 3e personne singulier [emploi pronominal]

- conduisait : Indicatif - Imparfait - Inaccompli - 3e personne singulier

- abandonnait : Indicatif - Imparfait - Inaccompli - 3e personne singulier [s'agit d'un emploi pronominal ?? : non...]

- fût : Subjonctif - Imparfait - Inaccompli - 3e personne singulier

- lâchais : Indicatif - Imparfait - Inaccompli - 1ere personne singulier

- savais : Indicatif - Imparfait - Inaccompli – 1ère personne singulier

- peindre : Infinitif - Inaccompli

- était : Indicatif - Imparfait - Inaccompli - 3e personne singulier

- était suivi : Indicatif - Imparfait - Inaccompli - 3e personne singulier [voix passive]

- est : Indicatif - Présent - Inaccompli - 3e personne singulier

- appelle : Indicatif - Présent - Inaccompli - 3e personne singulier

- désignent : Indicatif - Présent - Inaccompli - 3e personne pluriel

 

 

 

I)                  Exercice

 

            Précisez si les séquences soulignées dans les phrases suivantes appartiennent ou non à la catégorie verbale, en justifiant vos réponses par des critères morphologiques.

 

            (1)       On peut apporter son manger tous les jours.

            (2)       Tu m'agaces !

            (3)       Finis ton travail d'abord !

            (4)       Il faut que tu viennes.

            (5)       Pouvait-il me prêter son livre ?

            (6)       Est-ce que tu vas manger tout ça ?

            (7)       Le faire serait une erreur.

            (8)       Je ne crois pas qu'il soit un bon candidat.

 

Correction

            (1)       On peut apporter son manger tous les jours.

                        Ce n'est pas une catégorie verbale, parce qu'il n'y a aucune variation en temps, Aspect, Personne/nombre.

 

            (2)       Tu m'agaces !

                        C'est une catégorie verbale, parce qu'elle peut varier en temps (agaceras, agaçais...), en aspect (as agacé), et en personne-nombre (vous m'agacez).

 

            (3)       Finis ton travail d'abord !

                        C'est une catégorie verbale parce qu'elle peut varier en aspect (aie fini) et en personne/nombre (finissez).

 

            (4)       Il faut que tu viennes.

                        - faut : c'est une catégorie verbale parce qu'elle peut varier en temps (fallait, faudra), et en aspect (a fallu).

 

                        - viennes : c'est une catégorie verbale, puisqu'elle peut varier en aspect (sois venu), et en personne/nombre (vous veniez).

 

            (5)       Pouvait-il me prêter son livre ?

                        - Pouvait : c'est une forme verbale parce qu'elle peut varier en temps (peut-il, pourra-t-il), en aspect (avait-il pu), et en personne-nombre (pouviez-vous).

 

                        - Prêter : c'est une forme verbale puisqu'elle peut connaître une variation aspectuelle (m'avoir prêté).

 

            (6)       Est-ce que tu vas manger tout ça ?

                        Manger est ici une forme verbale parce qu'elle peut varier en temps (mangeras), en aspect (as mangé), et en personne-nombre (vous allez manger).

 

            (7)       Le faire serait une erreur.

                        C'est une forme verbale puisqu'elle peut varier en aspect (l'avoir fait serait une erreur).

 

            (8)       Je ne crois pas qu'il soit un bon candidat.

                        C'est une forme verbale puisqu'elle peut varier en mode (est un bon candidat), en aspect (ait été), et en personne-nombre (ils soient, vous soyez).

 

 

 



[1] Les linguistes qui étudient les langues romanes utilisent constamment la notion de pronom clitique pour désigner une classe d’unités atones (je, tu, le…) contiguës au verbe, que ce soit devant (je le vois) ou, plus rarement, derrière (dit-il). Ils présentent la particularité d’occuper cette position indépendamment de leur fonction dans la phrase (le objet direct, par exemple, n’est pas placé en position de GN objet, après le verbe). À côté de ces clitiques compléments du verbe, il faut faire une place à d’autres (« datif éthique », « datif d’intérêt »), qui, paradoxalement, ne sont pas appelés par le verbe dont ils dépendent.

Les éléments dits clitiques ne sont pas nécessairement les traditionnels « pronoms personnels » ni même des pronoms. Il peut s’agir des sujets ce ou on, de se, des « pronoms adverbiaux » (en et y) ou du marqueur de négation ne. Ces morphèmes ne peuvent se combiner qu’entre eux :

* Je décidément ne veux aucun livre.

* Il se par malheur le dit.

En d’autres termes, un clitique ne peut être séparé du verbe que par un autre clitique.